Pourquoi mes souvenirs me tuent

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Un souvenir, c’est d’abord une fiction. On ne peut pas dire que ces bribes d’images accompagnant l’empreinte d’une émotion soient autre chose qu’une évocation romancée de l’existence. C’est à partir du soi présent que l’on reconstitue des instants clos. L’anamnèse est un mensonge de bonne foi. Je dramatise ce que j’ai vécu. Tous mes retours de printemps, par exemple. J’y mets plein de pathos et ça fait mal. Pour n’être pas tenté d’en rajouter, j’essaie de vivre des choses fortes ; alors je souffre au présent et au passé. Rien n’y fait, j’en crèverai. J’écris pour expier mais ça fait doublon…

Qui se souvient écrit déjà son propre roman.

(Crédits photographiques : main d’une amie devant objectif de smartphone. Par l’auteur.)

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