Paris c’est loin

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Certainement je ne parlerai pas longtemps. Une chaleur accablante est tombée sur la mégapole. Je somnole. Je me souviens qu’un soir je pensai à toi. Lorsque j’ai vu cette tour plantée dans le nord de Paris, grosse, austère habitation aux flancs troués de lumière artificielle, une vie tout entière a percuté mon train de banlieue. Les images ont glissé sur la tôle enfoncée et se sont envolées quelque part entre Noisy et Pantin. Ce que nous avons de souvenirs en commun se promène aujourd’hui dans un ciel pollué.

Plus tard, une phrase m’est revenue au sortir de la gare : « Tout a commencé, tout doit finir ». Sur le boulevard Magenta, j’ai prié les Vélib’ pour qu’ils continuent d’entretenir l’illusion d’une circulation vigoureuse. J’avais froid ce soir-là − froid de n’être pas capable de supporter la vie comme elle vient. C’est peu de choses ; mais voilà, les nuits sont terribles quand on se méfie de ses rêves.

(Crédits photographiques : souvenir d’un voyage en banlieue, par l’auteur.)

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